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La joie d’être bénévole

On dit toujours qu’il n’y a rien de comparable à ce qu’on reçoit lorsqu’on est bénévole dans les pays les plus pauvres. Pilar Martín, bénévole de Fisc, nous raconte sa propre expérience à Nueva Vida. Nicaragua.

Je m’appelle Pilar Martín Casalderrey -certains m’appellent Pilaja-, j’ai 62 ans, je suis retraitée de l’enseignement public et bénévole de la FISC dans l’organisation humanitaire REDES DE SOLIDARIDAD (réseaux de solidarité, au Nicaragua).  (lien).

Redes est situé à Ciudad Sandino, à une heure en bus de Managua ; c’est une ville très jeune ; Nueva Vida est le quartier où Redes exerce ses activités, auprès d’une population marginale et extrêmement pauvre à tous les niveaux.

Pour fêter mon départ à la retraite en septembre 2011, je me suis inscrite comme bénévole pour toute l’année 2012.

Mon travail durant toute cette année a consisté à appuyer et conseiller l’établissement scolaire de Redes de Solidaridad sur certains changements que l’institution considérait nécessaires. J’ai aussi été enseignante en 7e année (l’équivalent à la 5e dans le système français) à l’école “San Francisco Xavier” de la Compagnie de Marie à Ciudad Sandino.

Mon expérience a été très satisfaisante et bien sûr, il y a eu de tout : des moments formidables, des moments durs, désagréables, de solitude, de rires, de dur travail, de joie…et surtout, de découverte de moi-même et des autres, des réalités qui m’entourent que j’ignorais totalement et qui m’ont complètement séduite.

Barrio Sandino Nicaragua

Barrio Sandino Nicaragua

J’ai eu l’occasion de prendre contact réellement avec la pauvreté, je l’ai vue chez mes collègues enseignants, ce qui m’a encore plus impressionnée ; j’ai vécu avec moins de choses et moins de confort qu’en Espagne mais c’est encore beaucoup si je compare avec ceux qui m’entourent et cela me fait comprendre que j’ai de la chance et que je dois remercier la vie que j’ai.

Parfois, j’avais – et j’ai- du mal à comprendre, à accepter et à assumer les différences dans les modes et rythmes de travail, de vie…et je commets l’erreur de penser que ce qui est correct, efficace et bon est ce que je fais moi ou ma manière de le faire, mais je me force à me rappeler que je suis venue ici pour partager et vivre ensemble.

Durant tout ce temps, j’ai connu plein de gens qui portent sur le monde un regard différent du mien ; cela m’a fait grandir et vivre au sens le plus large du mot. Certaines de ces personnes sont désormais une part importante de ma vie.

Je suis revenue en Espagne en janvier 2013, mais au bout de 8 mois, j’ai décidé de retourner dans ce pays, vers ces gens qui ont attrapé mon coeur. Je suis contente, pour moi, c’est la meilleure façon de vivre cette nouvelle étape de ma vie, différemment de celle que j’ai vécue jusqu’à maintenant, pour tout ce que cela comporte de risque, de nouveauté, de différence. On pourrait dire que j’ai trouvé ma place en ce monde pour cette décennie des 60 ans.

Mon idée est de continuer en 2014 mais cela dépendra de ce que les Parques auront décidé pour moi…car comme le dit le poète latin Virgile “sic volvere Parcae” (ainsi le filaient les Parques).